Transformer un bourreau en victime

Posted on 8 juin 2011

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Transformer un bourreau en victime ne fait pas avancer la civilisation

Par delà les différences entre hommes et femmes, c’est aussi la question de la civilisation que nous voulons créer, et en son sein, de la place de l’égoïsme et la loi du plus fort, donc du libéralisme qui se pose.

            L’affaire DSK révèle et clive, c’est peut-être là son seul coté positif, c’est-à-dire de ce qui sortira de tout cela dans le futur. L’accusé est parfois soutenu par des personnes qui osent parler de sa réputation de tombeur alors que ça n’a rien à voir. On n’aime pas les tornades parce qu’on adore les voiliers. Le puritanisme américain aura bon dos, alors que c’est une question de droit commun et que le puritanisme en question réprouve même les relations librement consenties. Est-ce que DSK « l »’a déjà fait ou est-ce qu’on le salit, de toute part (du PS jusqu’à la Hongrie en passant par la Grèce) ? Et la plaignante ? Victime, au fond, de toute façon. Elle aussi sera salie. Et l’a peut-être déjà été. Bon, tout cela est dit partout.

Ce qui m’a frappé, c’est que dans la position des défenseur(e)s « des droits des femmes », on va dire ça comme ça, on arrive à trouver des « extrêmes » qui peuvent encore trouver matière à discussion, ce qui paraît certes utile, mais parfois à déchirements, ce qui est moins agréable, d’une part, mais aussi, contre-productif, car détournant de l’objectif.

             Si la « victimisation » doit déboucher sur l’arbitraire, alors, évidemment, elle est nocive. Mais il ne faut pas pour autant nier la condition de victime pour faire reculer l’arbitraire. Probablement (amis historiens et sociologues, à vos claviers), la femme est plus souvent et/ou plus manifestement victime de l’homme que l’inverse. Dans les deux cas, ce qui est pénalisant pour la civilisation c’est de rajouter l’arbitraire (et de la violence allons-y…) à ces déjà victimes, et de faire que le bourreau devienne à son tour victime ne fait qu’ajouter une victime, et non pas reculer les bourreaux. Ce qui peut faire reculer le nombre de victimes, c’est d’éduquer, de comprendre puis démonter les mécanismes et faire en sorte qu’ils ne se reproduisent pas chez les bourreaux et bourelles futur(e)s et potentiel(le)s.

La justice serait de protéger la société par une limitation de circulation, mais le progrès serait de comprendre et d’éduquer (j’hésite sur le seuil de « ré-éducation » vu ce qu’il en a été fait ici et là) pour prévenir la récidive, et enseigner la civilisation aux suivant(e)s…pas la vengeance. La punition violente, telle qu’elle est pratiquée dans nos prisons (d’après ce que j’ai compris), présuppose que le coupable a choisi de faire ce qu’il a fait, et donc qu’il le mérite. Cette notion de liberté permet la culpabilisation et justifie, excuse, tolère la brutalité et la violence de la « prise en charge ». Mais sur quoi repose-t-elle ? Certains prétendant que la liberté est une idée inventée pour culpabiliser et améliorer le contrôle que l’on peut avoir sur « les personnes ».

 L’égalité et la parité se décrètent. Les décrets se font respecter. Le problème est-il « L’égalité entre les hommes et les femmes, est la seule voie de l’égalité entre les hommes » ou l’inverse ? La liberté du plus fort au service de son égoïsme, c’est le libéralisme. Même combat. Ensemble contre. Pas entre nous si possible.

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Posted in: Highway to hell