Archives pour avril 2008|Archives mensuelles

Si l’élève boite, il a tort de boiter

Voilà ce qui arrive quand on a des idées ; on veut faire des méthodes adaptées aux élèves, et le propre des méthodes adaptées aux élèves est que les élèves ne s’y adaptent jamais. Ce n’est pas qu’elles ne soient excellentes, mais il en va de ces excellents systèmes comme des souliers qu’on me faisait faire dans mon enfance ; je trouvais toujours le pied droit trop large : « Il est parfait, me disait le cordonnier, un soulier ne doit jamais gêner », et je trouvais le pied gauche trop étroit : « Tant mieux, m’expliquait-il encore, le cuir prête, il vous ira bien ». Je comprenais que mes pieds avaient tort et je boitais en me sentant coupable. Les souliers auraient dû m’aller. Qui l’eût mieux su que celui qui avait fait la chaussure ! Ainsi le pédagogue chausse l’enfance de méthodes qui sont faites pour elle. Si l’élève boîte, il a tort de boiter.

Alexander Vialatte

(« Chroniques de la Montagne »)

Le professeur et les questions sans réponse

Selon Foerster, l’éducation actuelle le plus souvent détruit le contact avec la réalité. La grande majorité des hommes ne voit pas, non pas parce qu’elle ne peut pas voir, mais parce qu’elle s’accroche aux représentations stéréotypées de la réalité qui lui ont été inculquées ; et elle n’entend pas parce qu’elle n’accepte d’entendre que ce qui correspond à ses idées préconçues.

Ces réflexions sont importantes pour une critique du système d’éducation actuel. Par des questions qui demandent des réponses toutes faites, le professeur enfonce dans la tête des enfants des schémas qui ont pu être un jour adéquats, mais qui sont aujourd’hui dépassés. Ce bachotage ne permet aux enfants de saisir ni le présent, ni le futur, lesquels ont changé et changent constamment de nature.

Le professeur qui attend de ses élèves qu’ils reproduisent un savoir depuis longtemps accepté, mais jamais révisé devrait être remplacé par un type de pédagogue qui pose des questions dont personne ne connaît encore la réponse.

R. Jungk

Au collège Monod, la réussite ne passe pas par les notes

A Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne, le collège Gustave-Monod se distingue par “ses idées qui marchent”. Dans la cour du collège, des espaces verts, et, comme point de vue, l’horizon. Etudier en dehors des tours d’immeuble est sans doute un “plus” pour ces élèves d’une “zone sensible”. Mais, surtout, la jeune équipe professorale utilise une méthode alternative d’enseignement et d’évaluation.

La suite sur : http://rue89.com/2007/07/13/au-college-monod-la-reussite-ne-passe-pas-par-les-notes

Keith Richards : comment on va devenir… ou pas !

Vu il y a trois jours le “Shine a light” de Scorcese. Les Stones… Mon préféré, toujours Keith Richards, régulièrement prêt à s’envoler, à tout lâcher, le sourire sardonique coincé autour d’une clope. Et juste avant (je ne suis pas sûr de croire au hasard), cette publicité Vuitton qui, après s’être offert Gorbatchev et Deneuve, essaie de nous faire croire que le luxe c’est une marque de maroquinerie. Pas sûr. Le luxe, c’est peut-être d’être toujours prêt à s’envoler, à tout lâcher. Ou de le faire, parfois, quand trop de douleur nous enserre, et puis reconstruire. Ou pas.

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